Le gouvernement socialiste persiste à vouloir liquider l’EPRA !

09/12/2013 Admin 0

Le gouvernement socialiste persiste à vouloir liquider l’EPRA !

 

LES RADIOS ASSOCIATIVES LUI DISENT NON !

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, poursuivant le projet du gouvernement Fillon, s’apprête à liquider le Groupement d’Intérêt Public EPRA que Pierre Bérégovoy avait créé !

Malgré l’opposition unanime des radios membres lors des dernières assemblées générales, il convoque l’assemblée générale en séance extraordinaire afin de lui faire adopter les modalités de liquidation du GIP.

Aucune radio associative ne doit être complice de ce mauvais coup !

Ni par son approbation, ni par son silence, ni par son absence!

Participons tous (en donnant procuration si nous ne pouvons nous déplacer) à l’AG extraordinaire le

Mercredi 11 décembre 2013 à 10 h 30 au 5 rue Pleyel à Saint-Denis

Si le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, décide d’aller jusqu’au bout, il le fera contre l’unanimité des radios associatives !

Gilbert Andruccioli, Agora Côte d’Azur

Jean-Claude Guillou, Alternative FM

Animateur de « Nous tenons à l’EPRA »

Le Grand Détournement

25/09/2013 Admin 0

NOUS TENONS A L’EPRA

Le Grand Détournement

Dans un article intéressant «  Et si les radios locales de quartier faisaient leur révolution numérique ? »,paru sur le site Localtis.infos, journal d’information en ligne de la Caisse des Dépôts et Consignation, Valérie Liquet présente l’EPRA comme « une structure soutenant la production de radios associative de proximité. »

Heureusement cette inexactitude est rapidement compensée par le rappel de la vérité historique précisant la fonction de l’EPRA « Le réseau a été créé en 1993 pour « mettre en œuvre une banque de programmes radiophoniques favorisant l’intégration en France des populations immigrées ou issues de l’immigration », en associant des représentants de l’Etat (trois ministères : la Culture, l’Intérieur et la Ville) et des radios associatives. Il mutualise et redistribue aujourd’hui des programmes radiophoniques (2h30 par jour) vers un réseau de 180 radios associatives adhérentes et sa mission s’est élargie à « la lutte contre les discriminations et la promotion de l’égalité », avec l’idée également de participer au « développement de la communication de proximité, notamment dans les agglomérations et quartiers en difficulté » »

En effet, le Groupement d’Intérêt Public EPRA est un outil crée par les pouvoirs publics – le FAS à l’origine – pour mettre en œuvre les orientations publiques de lutte contre les discriminations, le racisme, les exclusions et enfin pour faire vivre les dispositions prises dans le cadre de la Politique de la Ville.

Les radios associatives -et jusqu’à une date encore récente Radio France Internationale – étaient les « prestataires » de l’EPRA qui leur achetait des émissions librement élaborées, correspondant aux thématiques exigées par l’EPRA et d’une qualité technique reconnue.

En liquidant l’EPRA, les gouvernements Fillon puis Ayrault veulent détruire un outil public dont la forme actuelle avait était arrêtée par le gouvernement Bérégovoy. Ils privent ainsi la Politique de la Ville – mais existe-t-elle encore ?- de médias de proximité permettant l’expression des habitants et des acteurs générant du lien social.

Pourquoi faire cela ? Economies budgétaires ? Cette hypothèse est peu crédible, l’EPRA ayant déjà mis en œuvre une politique d’économies drastiques supportée par les radios associatives et, ayant déjà réduit de plus des deux tiers la dotation de l’EPRA.

Peu crédible également quand on prend connaissance de projets de Jérôme Bouvier. Alors que Valérie Liquet rappelle que ce dernier devait proposer «un projet alternatif qui, « sans impact budgétaire », succéderait au GIP Epra. »

Jérôme Bouvier a imaginé plusieurs usines à gaz dont la cohérence reste à établir et qui ne peuvent exister qu’en consommant de gros budgets. D’abord une « Commission nationale médias de proximité et diversité » de 11 à 15 membres dont on ne sait qui les choisirait et qui hériterait de presque toutes les attributions de l’EPRA plus beaucoup d’autres puisqu’elle traiterait non seulement de la radio mais du journal papier, du son, de la photo, de la vidéo, de l’internet, car dit Jérôme Bouvier, « les radios associatives ne peuvent échapper à cette évolution vers le trans-média ». M. Bouvier ne sait pas que les radios associatives ne l’ont pas attendu pour faire leur révolution numérique, et qu’elles sont présentes sur le web, les smartphones et les tablettes !

Pour son grand œuvre, Jérôme Bouvier a besoin de deux millions d’euros! Facile ! Il suffit de récupérer 1,5 millions que l’ACSE avait accordé à une pléiade de médias de proximité en 2012 plus les 500 000 euros de l’EPRA.

C’est la conception de M. Bouvier d’une opération « sans impact budgétaire » ! Il suffit de siphonner les fonds publics jusqu’alors dédiés à d’autres organismes puisque la commission de M. Bouvier s’attribuerait entre autres, les missions suivantes « expertise des propositions éditoriales des médias locaux, sélection, proposition de fléchage des subventions. La commission pourrait également lancer des appels à projets sur des événements »

On croit rêver : la commission de M. Bouvier définirait les « propositions éditoriales », « flècherait » les subventions, « appellerait les projet » selon son bon vouloir !

Alors que le gouvernement s’oppose à élargir le GIP EPRA à, d’autres partenaires publics, M. Bouvier, en plus des ministères actuels, veut la participation de l’Education nationale, de l’Economie Numérique, de l’Education populaire et de la Vie Associative. Pour leur bonne mine et sans la moindre arrière pensée de financements…

Sans en prévoir le coût d’installation et de fonctionnement, M. Bouvier veut une deuxième usine à gaz : une plateforme numérique et « centre de ressources » qui devrait, avec le concours de l’INA rendre « accessible le patrimoine du GIP EPRA » c’est-à-dire les 11 000 émissions. Ce sera « sans impact budgétaire » ?

M. Bouvier a-t-il oublié que, des plateformes numériques, l’EPRA en dispose deux : une plateforme numérique qui traite le flux et une seconde pour les archives avec un thesaurus et un protocole OAI-PMH ?

Si les pouvoirs publics estiment que les programmes ne sont pas accessibles à tous, il leur suffit de décider qu’ils le soient ! Ce qu’ils ont toujours refusé !

De plus, M. Bouvier semble avoir oublié que les droits de ces 11 000 émissions ont été cédés par les radios exclusivement à l’EPRA, et que leurs auteurs en sont toujours propriétaires et protégés par la SCAM…Un joli sujet juridique en perspective…

L’opération « liquidation de l’EPRA » apparait bien pour ce qu’elle est : un grand détournement de moyens et de biens jusqu’ici mis en œuvre par un organisme public, au profit de structures privées qui prétendent « coordonner » des acteurs existant en les mettant sous leur tutelle financière et idéologique.

Le 25 septembre 2013

Gilbert Andruccioli
Animateur du Collectif « Nous tenons à l’EPRA »
Président d’Agora Côte d’Azur
Président de la Fédération des Radios Associatives du Sud Est

RNT : Le changement c’est maintenant !

22/11/2012 Admin 0

RNT : Le changement c’est maintenant !

Dans son rapport sur l’état de l’audiovisuel en France, la député Martine Martinel rappelle que la loi n°2007-309 du 5 mars 2007 réserve les bandes III et L à la Radio Numérique Terrestre, loi votée sous le gouvernement de Villepin.

 

2007 : Les commerciaux disent oui à la RNT et à la norme TDMB

A cette époque, les réseaux commerciaux avaient entrepris un lobbying intense en faveur de la RNT et, précisément, de la norme TDMB. Bien que cette norme n’ait été choisie par aucun pays d’Europe – et même au monde pour de la radio- le gouvernement Fillon s’empressait de donner satisfaction aux commerciaux et aux groupes financiers qui les portent par un arrêté du 3 janvier 2008.

Suite à l’appel à candidatures en RNT lancé par le CSA le 26 mars 2008 dans les zones de Paris, Marseille et Nice, les réseaux commerciaux traditionnels ont posé leur candidature et ont été normalement présélectionnés par le CSA. Ainsi, dans la zone de Paris, on note en catégorie E, RTL, RTL L’équipe, Europe 1, RMC et en catégorie D, Radio Classique, Nostalgie, Europe 1 Sport, RFM, Skyrock…

Mais avec la présélection de « nouveaux entrants » tel LCI Radio en catégorie E, les majors commerciaux généralistes ont constaté que le CSA prenait au sérieux l’objectif affirmé d’offrir au public une offre radiophonique élargie. La perspective de devoir partager avec de nouveaux venus le pactole publicitaire ne leur convenait évidemment pas. La menace de voir leurs parts de marché décroitre inquiétait d’autant plus les majors généralistes que la perspective se précisait de voir Radio France Internationale arriver, grâce au numérique, sur l’ensemble du territoire national.

 

Non à la concurrence libre et non faussée

C’est alors que les réseaux décidèrent qu’il n’existe pas de modèle économique pour la RNT.

Devant cette hypothèse, François Fillon confia à Marc Tessier, le 24 juin 2009, une mission d’étude à propos des perspectives de financement du projet de RNT. On ne saurait s’étonner exagérément que l’ancien Directeur de France Télévision aboutisse en novembre 2009 à une conclusion conforme aux vœux des réseaux commerciaux. Doit-on, par contre, s’étonner que le rapport Tessier ait bénéficié du « concours » de trois cadres de la DGMIC ? Il faudrait avoir un bien mauvais esprit pour en déduire que les conclusions de Marc Tessier ont été suscitée par la DGMIC qui est sous l’autorité du premier ministre. Et avoir un esprit encore plus pervers pour estimer que François Fillon avait commandé une étude dont le résultat était connu d’avance.

Dans le contexte crée par l’appel à candidature du CSA, la présélection du 26 mai 2009, l’impatience des associatives, des indépendants et même du Service public, le rapport Tessier créait un évident malaise. Où en sommes- nous ? Que veut le gouvernement ? Le rapport Tessier dit-il vrai ?

 

Une mission bien opportune

Une vérification s’imposait. Le 27 mai 2010, François Fillon confiait à David Kessler la mission de « définir les conditions possibles d’un éventuel lancement de la RNT en France à la suite des difficultés rencontrées lors d’un processus déjà engagé » (Lettre de David Kessler au Premier ministre en date du 23 octobre 2010).

Voici qu’un spécialiste de la radio, ancien chargé de mission auprès de Lionel Jospin et alors attaché au Cabinet de Bertrand Delanoé devait évaluer les conclusions de Marc Tessier.

Si l’appréciation d’un proche du parti socialiste confirmait l’analyse de Marc Tessier (qui n’est nullement soupçonné d’une telle proximité) la suspicion de parti pris serait forcément levée.

Bingo ! David Kessler décidait qu’ « il nous semble donc clairement établi qu’il n’y a pas aujourd’hui d’espace économique pour un lancement national de la Radio Numérique ».

Dans ces conditions, un changement politique serait-il favorable à la RNT ?

Après l’élection présidentielle David Kessler rejoignait le président Hollande en qualité de conseiller médias/culture. Il devenait évident que ses conclusions deviendraient la parole officielle.

 

Un évident manque de sagesse

Les Sages du CSA ignorant le message, et, obstinés à appliquer la Loi du 5 mars 2007, avaient décidé le 12 avril 2012 (JO du 26 avril 2012) l’ « Actualisation de l’appel en radio numérique à Paris, Marseille et Nice ».

Il fallait donc mettre les points sur les i. Le 6 septembre 2012, le ministère de la culture et de la communication annonçait que le gouvernement ne demandera pas « l’attribution prioritaire de fréquences pour la diffusion en RNT des programmes de Radio France et de Radio France Internationale … ».

Le gouvernement n’oubliait pas de préciser que « Ces appels à candidatures s’inscrivent dans un environnement économique et technologique très incertain… » après avoir rappelé que « En annonçant le 10 mai dernier qu’il procèderait d’ici à avril 2013 à des appels sur 20 agglomérations supplémentaires, le CSA a décidé d’engager le secteur dans un lancement à grande échelle de la radio numérique terrestre »

Le pouvoir exécutif confirmait ainsi, urbi et orbi, la thèse commune aux réseaux commerciaux, à Marc Tessier et à David Kessler, thèse que le CSA avait refusé d’entendre. Allait-il enfin comprendre ?

Pas du tout ! Dès le lendemain 7 septembre, dans un communiqué, le CSA « rappelle qu’il est tenu d’appliquer la loi du 5 mars 2007, qui prévoit le déploiement de la RNT, et de respecter les engagements qu’il a pris devant le Conseil d’Etat sur les appels à candidatures en cours. Il procèdera dans le courant du mois de septembre à la sélection des radios candidates dans les trois zones »

Communiqué par lequel le CSA rappelle opportunément qu’il est une autorité indépendante, qu’il applique la loi et respecte le Conseil d’Etat.

Ce que, de toute évidence, tout le monde ne fait pas.

 

Zorro est arrivée

Vint alors le rapport de Martine Martinel.

Pour commencer, une volée de bois vert : Pour ne citer que quelques péchés véniels, selon la député, lors du lancement de six nouvelles chaînes de TNT gratuites, le CSA a pris une décision contestable sur le fond et sur la forme. Il ne contrôle pas la TNT gratuite dont les contenus sont médiocres et ne publie pas leur bilan. La TNT payante est un échec et la télévision mobile personnelle, un projet mort-né. Quant aux attributions de fréquences radio, elles souffrent d’un « défaut de transparence »

La bastonnade continue avec la RNT : « Un projet relancé dans des conditions qui ne sauraient garantir sa réussite »

La député rappelle les missions de MM. Tessier et Kessler sans s’interroger sur la pertinence de leurs conclusions. Pourquoi douterait-elle puisque la DGMIC estime que « le calendrier décidé par le CSA semble aujourd’hui peu propice à garantir le succès de la radio numérique terrestre.. »

D’ailleurs elle note que « La récente décision des grands groupes radiophoniques de ne pas déposer de candidatures (…) confirme ce constat et renforce les interrogations relatives au succès économique potentiel de la radio numérique terrestre à court terme »

On ne peut qu’admirer la sémantique : les réseaux commerciaux dont les intrigues ont tenu la plume des « experts » et obtenu la complaisance du gouvernement qui va jusqu’à refuser le numérique au Service public, seraient contraints à ne pas déposer de candidature du fait « des décisions qui ne sauraient garantir » la réussite de la RNT.

Blanchir les coupables tout en accablant le CSA qui n’a pas obtempéré aux conseils d’experts réalisant pourtant un consensus des ultra libéraux de droite et de gauche, c’est du grand art !

 

Pour fêter les 30 ans des Radios libres !

Martine Martinel veut également mettre de l’ordre au FSER. Selon elle il faudrait « mieux définir le service radiophonique ouvrant droit à subvention ». Elle note que si une association est titulaire de plusieurs services radiophoniques, « Lorsque ce programme spécifique a une durée supérieure à quatre heures par jour, l’association peut percevoir une nouvelle subvention du FSER. Cette pratique s’est largement développée et conduit aujourd’hui à subventionner 74 services radiophoniques distincts qui ne correspondent qu’à 31 associations différentes »

Elle en déduit « le caractère opportuniste du développement des programmes spécifiques » mais cette fois oublie d’incriminer le CSA qui a choisi d’autoriser ces services car il a estimé normal et nécessaire de favoriser la proximité et la diversité dans le paysage radiophonique.

La « rapporteure » a mal compté. Elle a omis de prendre en compte les 43 associations qui diffusent un programme spécifique de 4 heures par jour, les 20 heures restantes étant fournies par le serveur RCF édité par l’Eglise catholique. La « rapporteure » estimera-t-elle que ces services n’ouvrent pas droit à subvention ?

La député n’a pas relevé que, mis à part une retouche il y a deux ans, le barème de la subvention d’exploitation est le même depuis 2002 et que l’aide de l’Etat aux radios associatives s’est donc gravement dévaluée. Elle n’a pas davantage évoqué la prochaine mise à mort de l’EPRA qui privera de ressources les radios associatives les plus actives qui s’impliquent dans les objectifs de la Politique de la Ville, agissent contre les discriminations et en faveur de la cohésion sociale.

Le changement c’est bien maintenant.

 

22 novembre 2012

 

Gilbert Andruccioli
Président d’Agora Côte d’Azur
Président de la Fédération des Radios Associatives du Sud-Est